Switch 2 jailbreaké en software via une faille WebKit et SmileBASIC
Sommaire
En bref
- Un jailbreak logiciel du Switch 2 (version firmware 23.0.1) a été publié, permettant l'exécution de code arbitraire et l'accès aux fichiers système.
- L'exploit chaîne une faille WebKit avec une vulnérabilité integer overflow dans SmileBASIC (jeu Switch 1) pour obtenir des privilèges élevés.
- L'auteur a utilisé Claude (Codex) avec des KVM et des contrôleurs USB automatisés pour paralléliser le travail de recherche sur deux consoles.
Ce que dit la source
L'auteur présente ns2jb comme le premier jailbreak logiciel complet du Switch 2, affirmant qu'il permet l'exécution de code natif avec les privilèges de n'importe quel sysmodule, y compris le système de fichiers. Cette capacité ouvre à priori l'accès aux jeux, sauvegardes et périphériques, et démontre l'exploitation via une vidéo montrant Mario Kart World modifié. La réalisation a combiné deux vecteurs : une faille n-day WebKit (via portail captif WiFi) et une vulnérabilité integer overflow dans l'interpréteur BASIC du jeu SmileBASIC du Switch 1, utilisé comme tremplin. L'approche s'appuie sur Claude/Codex configuré pour automatiser la recherche via des KVM, des capteurs et des contrôleurs d'entrée.
- La faille WebKit obtient une exécution code initiale, mais butée sur execute-only memory (XOM) et pointer authentication code (PAC) pour passer à des appels IPC arbitraires
- L'integer overflow dans SmileBASIC : vérification d'une condition sur position + count, mais la somme s'enroule (wrap) en 32 bits ; memmove() qui en résulte lit les 8 octets précédents (un pointeur vers le backing array) et permet des lectures/écritures arbitraires en mémoire
- SmileBASIC exploité sur Switch 1 (code non chiffré, pas de PAC ni CFI), puis les privileges élevés obtenus ont permis de compromettre les sysmodules du Switch 2
- L'infrastructure d'automatisation : KVM pour l'entrée/sortie, un commutateur Bluetooth Amazon pour appuyer le bouton power (par tort mécanique du levier), le tout piloté par Claude pour paralléler la recherche 24/7
- La découverte aurait valu plus de 50 000 dollars via le programme HackerOne de Nintendo, selon l'auteur
Dans les commentaires
Débat partage : admiration technique dominante tempérée par préoccupations légales et stratégiques envers Nintendo. Peu de contestation sur les faits techniques.
- Plusieurs commentateurs soulignent que Claude/Codex a des limites de guardrails qui empêchent de facto l'utilisation pour de la recherche sécurité : deux cas rapportent un blocage lors d'enquêtes sur des CVE Android ou des overflow, forçant un basculement vers Claude ou d'autres modèles
- Débat sur la légitimité éthique : quelques commentateurs signalent une critique sur les réseaux sociaux (Bluesky, Twitter) reprochant au jailbreak d'avoir « pas d'âme » parce qu'il est développé par une IA plutôt que par un humain, décrit comme surréaliste par l'un d'eux
- Crainte d'une escalade légale : un commentaire anticipe que Nintendo va presser Anthropic et OpenAI pour étendre les guardrails sur les décompilations et la rétro-ingénierie, et pourchasser les projets de decomp
- Risque de ban en ligne : un avertissement que Nintendo effectue des remote-kill sur les consoles et cartouches détectées comme jailbreakées, et que les vendeurs de cartouches de consoles modifiées risquent des ennuis légaux à cause des numéros de série gravés
Notre lecture
Techniquement solide et contexte intéressant : la chaîne d'exploitation (WebKit → SmileBASIC → escalade privilege) est bien exposée, l'automatisation par LLM est un pattern réplicable. Aucune action immédiate pour une DSI, mais notable pour les équipes sécurité : cela illustre comment les LLM généraux réduisent la barrière d'entrée en research offensif, même sous guardrails imparfaits. Le débat HN montre une acceptation technique du résultat mais une conscience des conséquences (bans légaux, riposte Nintendo). Ce n'est pas un contournement absolu du Switch 2 (tethered, firmware-spécifique, exige du matériel), mais suffisant pour motiver les correctifs. À surveiller pour voir si Nintendo riposte par des durcissements de ses mitigations ou des actions légales contre les décompilateurs.