Aller au contenu
La Lettre IT
Retour aux synthèses
3 min de lecture

Order of the Sinking Star : 500 heures de puzzles entre fascination et fatigue

En bref

  • Jonathan Blow lance Order of the Sinking Star, un puzzle game conçu pour exiger environ 500 heures de jeu, composé principalement d'énigmes Sokoban et de casse-tête géométriques.
  • Le jeu applique la philosophie de The Witness (découverte progressive, chaque niveau enseigne un concept) mais à une échelle drastiquement amplifiée.
  • Les retours varient fortement : certains joueurs trouvent le design exceptionnel et se laissent absorber par le gameplay sans fin, d'autres voient la longueur comme une fin en soi plutôt qu'une conséquence du contenu.

Ce que dit la source

Jonathan Blow présente Order of the Sinking Star comme une œuvre ambitieuse appliquant sa philosophie éprouvée (chaque puzzle enseigne, chaque concept se réitère avec variation) mais poussée à l'extrême : 500 heures de contenu intentionnellement dense, pour environ 40 dollars. L'article explore la tension entre cette complexité affichée et la question de savoir si tant de volume sert réellement le design, ou s'il devient une fin en soi.

  • Le jeu reprend l'ADN de The Witness (apprentissage graduel, absence de tutoriel, réutilisation de concepts) mais repose massivement sur les énigmes Sokoban, genre moins narratif que géométrique.
  • Plusieurs joueurs confirment que même 20 heures d'expérience laissent loin du but affiché, et que la récompense narrative (s'il y en a une) reste très lointaine, ce qui crée un problème de motivation.
  • Un courant important : le jeu n'est pas conçu pour être complété, mais pour être savouré en sessions courtes sur plusieurs mois ou années, transformant le modèle de jeu-à-terminer en expérience récréative ouverte.
  • Plusieurs commentateurs rapportent s'être bloqués sur des énigmes (notamment "Skipping Stones") et avoir eu recours à YouTube pour débloquer, sans regret moral, car l'objectif n'est pas la validation d'avoir résolu seul.
  • Le débat révèle une tension philosophique : Blow affirmait que ses jeux intéressaient par leur concision, or Order semble volontairement anti-concis, ce qui trouble même les fans de ses œuvres précédentes.

Dans les commentaires

Débat partagé : adhésion enthousiaste versus rejet pragmatique. Les fans acceptent le contrat (longueur = densité pédagogique, pas remplissage) et s'y abandonnent ; les critiques y voient une rupture de promesse philosophique et refusent le modèle. Peu d'entre-deux.

  • Un argument récurrent : la longueur n'est pas une conséquence du design, mais un choix marketing ou artistique contesté. Un commentateur souligne que c'est "philosophiquement l'opposé" de ce que Blow affirmait faire auparavant.
  • Quelques joueurs rapportent ne pas avoir trouvé le gameplay Sokoban gratifiant (effort important pour récompense peu claire), ce qui contraste avec l'engouement de ceux qui adorent ce genre.
  • Un point technique minoritaire mais pertinent : curiosité sur les aspects programmation (shaders, rendu 2.5D), suggestion que l'intérêt technique du jeu peut justifier l'engagement pour certains profils.
  • Critique implicite du modèle de longueur : "Je ne suis plus ado, donne-moi des jeux de 5–10 heures" reflète une fatigue face aux jeux "de plateforme", pas spécifique au jeu mais reflétée ici.

Notre lecture

Order of the Sinking Star n'est pas un jeu manqué, c'est un jeu qui nécessite une acceptation explicite de son contrat : tu acceptes que 500 heures signifient une expérience inévitablement lente, à vivre par sessions courtes, sans fin clairement ludique. Pour ceux qui aiment les puzzles géométriques et la découverte graduelle, c'est apparemment fascinant. Pour les autres, c'est du remplissage. Le malaise du débat vient moins du jeu lui-même que de la rupture perçue avec la position antérieure de Blow (« la concision fait la qualité »). Aucune action recommandée pour une DSI ; intéressant pour les développeurs de jeux ou ceux qui conçoivent des expériences « infinies », mais pas de tendance applicable à la tech professionnelle.

Le brief, dans votre boîte mail

Recevez chaque jour la sélection et l'analyse La Lettre IT, sans avoir à repasser sur le site.