La Lettre IT
#4972016417 sept.
Débat très polarisé, pleinement technique : la majorité des commentateurs contestent la pertinence pratique du projet, certains sur le ton de l'exaspération professionnelle. Les objections majeures portent sur les règles de navigation aérienne (IFR, waypoints, ETOPS, NOTAM, zones interdites) que le modèle ne prend apparemment pas en compte. Le seul argument constructif minoritaire porte sur l'intérêt de réduire les contrails pour le climat.

Optimiser les trajets aériens avec Scikit-decide et OpenAP : une approche open source

  • Un article propose d'utiliser Scikit-decide (framework de planification et apprentissage par renforcement) et OpenAP (modèle de performance d'aéronefs) pour optimiser les trajets de vol et réduire la consommation de carburant.
  • L'exemple comparé est un vol Newark-Rome où ajuster le trajet selon les vents pourrait économiser plusieurs milliers de dollars de kérosène.
  • Les commentateurs HN, dont plusieurs pilotes et experts en navigation aérienne, relevaient que l'approche ignore les contraintes réglementaires et opérationnelles critiques : waypoints IFR, ETOPS, NOTAM, zones de guerre, altitudes imposées, congestion du trafic aérien et coûts d'équipage.

Ce que dit la source

L'auteur affirme qu'un vol Boeing 787-9 Newark–Rome (8,5 heures) nécessite environ 68 000 dollars de carburant, et que l'ajustement du trajet en fonction des conditions de vent pourrait réduire significativement la consommation. Scikit-decide et OpenAP (développé par le Dr Junzi Sun de TU Delft) offriraient une alternative open source aux solutions commerciales comme Jeppesen pour l'optimisation des trajets, l'organisation des effectifs et la planification de trajectoires de drones.

  • Scikit-decide est en développement depuis six ans ; c'est un framework de reinforcement learning, planification automatisée et ordonnancement capable d'optimiser trajets, horaires et trajectoires
  • OpenAP est un modèle et toolkit de performance aéronefs développé par le Dr Junzi Sun, tenant compte du type d'aéronef, des moteurs, de la portée, des coefficients de traînée et autres paramètres aérodynamiques
  • L'article utilise des données météo de la NOAA et démontre le calcul sur un Airbus A320 en comparant deux trajets possibles
  • Le setup technique s'appuie sur Python 3.12, DuckDB avec extensions spatiales (H3, Lindel, Parquet) et QGIS pour visualiser les tracés optimisés
  • Les données d'aéronefs d'OpenAP couvrent 17 modèles Boeing, 13 Airbus, 5 Embraer et autres, avec détails de masse, plafond, moteurs et enveloppe de vol

Dans les commentaires

Débat très polarisé, pleinement technique : la majorité des commentateurs contestent la pertinence pratique du projet, certains sur le ton de l'exaspération professionnelle. Les objections majeures portent sur les règles de navigation aérienne (IFR, waypoints, ETOPS, NOTAM, zones interdites) que le modèle ne prend apparemment pas en compte. Le seul argument constructif minoritaire porte sur l'intérêt de réduire les contrails pour le climat.

  • Plusieurs commentateurs (dont un qui se présente comme pilote) affirment que le trajet « optimal » affiché dans l'article (en zigzag) est juridiquement invalide et démontre une incompréhension fondamentale des règles IFR et du contrôle du trafic aérien. Un commentateur pilote conclut explicitement qu'il n'y a « aucun intérêt à lire plus loin ».
  • L'argument récurrent : les solutions commerciales considèrent bien au-delà du seul carburant et du vent (frais d'équipage à l'heure, frais d'atterrissage, restrictions d'altitude, congestion prévue, fenêtres de créneau imposées par les aéroports). L'optimisation du carburant seul est donc un sous-problème décorrélé de la réalité opérationnelle.
  • Un commentateur souligne une ironie réglementaire concrète : les normes EU ETS (réduction des émissions) peuvent inciter les compagnies à ajouter des escales pour réduire le pénalité sur papier tout en augmentant les émissions réelles de 33%, car un trajet plus long avec décollages/atterrissages supplémentaires consomme plus au total.
  • Peu de doute sur la qualité des données d'aéronefs (OpenAP) : un expert interroge l'origine et la précision des tables de performance, soulignant qu'en réalité les aéronefs s'accompagnent de centaines ou milliers de pages de tables de performances en fonction du poids, l'altitude, la température ambiante, et que négliger ces variables produit des résultats « irréalistes ».
  • Un seul commentateur aborde positivement un sujet connexe : les contrails (traînées de condensation) contribuent à 2 % du réchauffement climatique et sont relativement évitables, bien que possiblement au prix d'une consommation accrue de carburant.

Notre lecture

Projet techniquement intéressant sur le papier (Scikit-decide est un framework réel et solide, OpenAP est une excellente base de données aéronefs), mais construit en méconnaissance flagrante des contraintes réglementaires et opérationnelles qui structurent la navigation aérienne commerciale. L'auteur n'a apparemment jamais consulté pilotes, dispatchers ou régulateurs sur le sujet avant de mettre en ligne. Le trajet « optimal » affiché en zigzag est un indicateur : c'est précisément ce que les règles IFR et le contrôle du trafic interdisent. Une DSI ne devrait pas envisager cette approche comme base d'un système de planification réel sans refondre intégralement le modèle pour intégrer waypoints, ETOPS, NOTAM, coûts d'équipage, et la validation des routages par ATC. L'intérêt reste académique ou didactique, pas opérationnel. À titre de curiosité ou de preuve de concept pédagogique, utile ; à titre de produit commercial ou système utilisable, hors du contexte original.

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