Libreboot 26.10 ajoute l'UEFI et le support de 233 Chromebooks
Sommaire
En bref
- Libreboot 26.10 intègre l'EDK2 comme payload par défaut et ajoute le support de 233 Chromebooks (Intel et AMD) importés du projet MrChromebox.
- Les versions binaires ne sont pas fournies pour cette première sortie ; seules les compilations à partir des sources sont disponibles.
- Libreboot désactive le HAP bit (Intel ME) et déverrouille les régions IFD par défaut lors de la compilation.
- Une politique anti-IA a été ajoutée au projet, ce qui divise les commentateurs sur son utilité pratique.
Ce que dit la source
Libreboot annonce une refonte majeure de son architecture en adoptant EDK2 comme payload UEFI par défaut, tout en maintenant une compatibilité rétroactive via SeaBIOS et GRUB en tant que variantes EFI. L'addition de 233 Chromebooks représente une multiplication des appareils supportés. L'équipe affirme que cette refonte renforce la sécurité (désactivation de l'Intel ME par défaut) et la transparence du firmware. Parallèlement, le projet adopte une politique stricte contre les contributions assistées par IA, présentée par Leah Rowe comme le changement majeur de la version.
- Les 233 Chromebooks ajoutés proviennent du fork MrChromebox de coreboot et couvrent les générations jusqu'aux processeurs Intel et AMD récents (Baytrail testé, autres à tester).
- Source-only release : aucune image binaire pré-compilée n'est fournie ; seule la compilation depuis les sources est possible.
- Intel ME est désactivé au moment de la compilation via le HAP bit, et les régions IFD sont déverrouillées en lecture-écriture via ifdtool.
- EDK2 embarque désormais CSMWrap (SeaBIOS enrobé en EFI), GRUB EFI, MemTest86+, et iPXE pour une compatibilité rétroactive et un démarrage flexible via menu ESC.
- Les Chromebooks Haswell utilisent raminit natif au lieu de MRC ; tous les Chromebooks Intel jusqu'à Kabylake utilisent libgfxinit à la place de GOP.
- Libreboot demeure proche de MrChromebox (traité comme upstream) mais introduit un système de construction capable de gérer plusieurs upstreams par projet.
- La politique anti-IA dans AGENTS.md interdit les contributions assistées par LLM, sans exceptions documentées pour le tri de code ou les rapports de bug.
Dans les commentaires
Débat partagé : les commentateurs s'accordent sur l'ampleur technique de l'ajout Chromebook et de la transition UEFI, mais s'opposent sur la pertinence de la politique anti-IA. Un segment reconnaît l'importance stratégique (multiplication des appareils, accessibilité améliorée) ; un autre conteste l'absence de justification pratique ou de compromis dans la politique LLM.
- Plusieurs commentateurs soulignent que l'ajout Chromebook est le vrai exploit de cette version, non la politique anti-IA. L'un note que MrChromebox et Heads (un projet complémentaire) font aussi ce travail, mais pas à cette échelle.
- Un commentateur remet en question la politique anti-IA en l'absence d'exemples concrets de bugs ou de failles causées par du code LLM, argumentant qu'une revue appropriée pourrait capturer les bénéfices sans se priver d'aide à la revue de bug ou au tri de signalements.
- Quelques commentateurs se demandent si les blobs binaires fermés (drivers, microcode) persisteront sous UEFI-EDK2, soulignant que l'ouverture du firmware de démarrage n'est qu'un premier pas.
- Un observateur note qu'un Chromebook Acer (Kano) sous Libreboot est maintenant plus ouvert et sécurisé qu'un Framework 13 propriétaire, illustrant l'intérêt pratique du projet au-delà de l'idéologie.
Notre lecture
Libreboot 26.10 apporte une vraie avancée architecturale : le passage à EDK2 et l'intégration de 233 Chromebooks transforment le projet d'une niche historique (quelques cartes mères) en plateforme applicable à un large parc d'appareils. Pour les équipes en charge du firmware d'entreprise ou du droit à la réparation, c'est à surveiller. La politique anti-IA est anecdotique vis-à-vis de cet exploit technique, mais révèle une tension idéologique au sein du projet : rigueur idéale contre pragmatisme d'exploitation. À court terme, le frein majeur reste l'absence de binaires pré-compilés et le besoin de tester les 200+ cartes mères avant de les activer en production. Utile pour les passionnés et les équipes sécurité, probablement trop exigeant pour la majorité des utilisateurs de Chromebooks aujourd'hui.