Keybytes : un clavier modulaire où chaque touche est un microcontrôleur autonome
Sommaire
En bref
- Chaque touche du clavier Keybytes est une PCB autonome de 19×19 mm equipée d'un microcontrôleur CH32V003, capable de se connecter à ses voisines via des pogo pins sur les quatre côtés.
- Un PCB principal (Keyword) avec STM32WB55 central, Bluetooth et USB-C orchestre l'ensemble et permet de reconfigurer la disposition en n'importe quelle forme.
- Le projet est open source (MIT), les schematics et fichiers CAO sont publiés sur GitHub ; l'auteur affirme que la firmware est toujours en développement.
Ce que dit la source
L'auteur décrit une frustration initiale face à l'absence de claviers aux formes inhabituelles (triangle, cercle), qui l'a poussé à concevoir un clavier entièrement reconfigurable en termes de disposition et de géométrie. Chaque touche est une unité indépendante capable de communiquer avec ses voisines par I2C via pogo pins, permettant en théorie d'assembler n'importe quelle forme et n'importe quel agencement.
- Chaque touche embarque son propre microcontrôleur CH32V003 (RISC-V), ce qui élève considérablement la complexité par rapport aux claviers traditionnels
- Connexions via pogo pins sur 4 côtés (3.3V, GND, I2C) pour permettre la modularité, avec magnets pour maintenir les modules assemblés
- Gestion centralisée par une STM32WB55 sur le Keyword (PCB principal en deux étages) : Bluetooth, USB-C, batterie LiPo avec chargeur BQ25895 et convertisseur buck-boost TPS631000
- Architecture I2C avec jusqu'à 127 adresses théoriques, bien que ce lien reste un point faible signalé dès la conception
- Firmware stockée en 2 MB QSPI flash (W25Q16JV), programmable depuis le Keyword via pogo pins
- Conçu entièrement en KiCad (schematics publiés), cases CAO en Onshape avec fichiers STEP ; le projet est sous licence MIT
Dans les commentaires
Débat partagé : enthousiasme pour le concept (modularité, audace électronique), mais préoccupations pragmatiques majeures sur la faisabilité d'une version complète (rigidité structurelle, comportement I2C avec 60+ esclaves, durabilité en utilisation réelle). Peu de consensus sur l'utilité réelle au-delà d'une curiosité.
- Plusieurs commentateurs demandent des preuves de fonctionnement avec une disposition complète : l'auteur ne montre que deux touches, ce qui reste un POC très précoce (Agentlien, wcchoi)
- Objections techniques majeures sur I2C : limite de 127 adresses et risque de hang bus avec 60+ esclaves, un commentateur suggère CAN à la place (mrheosuper)
- Critique structurelle : sans espacement ou modules inertes, l'édifice risque de se fragmenter si le clavier tombe (kvakvs)
- Problème potentiel de polarité des connexions : les pogo pins semblent non-agnostiques à la direction, avec 50% de chance d'inversion selon l'orientation d'emboîtement (aveday)
- Questions sur les avantages réels : la complexité par touche offre-t-elle des capacités que la firmware d'un clavier conventionnel ne peut pas atteindre ? (nkrisc)
- Limitation évidente pour un clavier quotidien : l'absence de support natif pour les rangées décalées (stagger ergonomique) réduirait fortement l'utilité au-delà d'un macro-clavier (IllIIlIlIlIIIIl, schiffern propose une alternative via pogo pins décalés)
Alternatives citées : Clavier avec touches modulaires orientées (YouTube link _u8gV643214 montré par wcchoi, sans détails publiés); autres projets de l'auteur (Ember, Cyberboard, Trace).
Notre lecture
Projet d'électronique intelligente et bien documenté, mais encore trop éloigné d'une utilisation réelle pour en déduire un gain pratique. Le concept de modularité extrême séduit, mais les commentateurs soulèvent trois obstacles crédibles : la fragilité mécanique d'une disposition sans châssis rigide, l'architecture I2C inadaptée au-delà d'une poignée de touches, et l'absence de support pour les formes ergonomiques décalées. À surveiller comme projet hobby et comme expérience en distribution d'intelligence sur PCB, mais pas comme solution de clavier alternative imminente. L'auteur lui-même reconnaît que seule la firmware est un travail en cours, pas la validation complète du concept.