Google ignore 33 robots parmi 56 installations payantes, qualifiant cela de « comportement normal »
En bref
- Un développeur a payé 220 dollars en publicités Google App et découvert que 60% des installations provenaient de robots.
- Il a fourni des preuves détaillées à Google (33 téléphones exécutant une version d'app retirée du Play Store, installations ciblées en dehors des régions visées).
- Google a répondu que cette activité correspond à un « comportement normal », tandis que le même Google suspendait son compte AdMob pour 15 clics accidentels causés par un bug de son propre système (bouton de fermeture manquant sur les annonces plein écran iOS).
- Le contraste soulève la question : Google maîtrise la détection de clics frauduleux depuis 20 ans, mais semble moins équipé pour détecter la fraude aux installations.
Ce que dit la source
Le développeur rapporte que Google a classé l'activité suspecte (33 installations de robots, selon lui) comme « comportement normal ». Parallèlement, Google l'a suspendu d'AdMob pour environ 15 clics accidentels générés par un bug connu du système d'annonces iOS (absence du bouton de fermeture sur les formats plein écran). L'auteur y voit une incohérence : Google détecte et pénalise rigoureusement les clics frauduleux, mais tolère ce qu'il présente comme de la fraude aux installations. Son hypothèse : Google a perfectionné la détection basée sur les clics depuis des décennies, mais dispose de peu de sophistication pour identifier la fraude aux installations, permettant aux fermes de bots de simplement contourner le système en générant des installations sans clic.
- 33 des 56 installations payantes ont ouvert l'app une fois, resté zéro seconde et jamais revenu, dont plusieurs exécutaient une version retirée du Play Store quelques jours plus tôt
- Certaines installations venaient de pays non ciblés par la campagne publicitaire
- Google a confirmé un bug connu : sur certains appareils iOS, les annonces plein écran manquaient du bouton de fermeture, forçant les utilisateurs à cliquer pour fermer (2 appareils du développeur avaient 100% de taux de clic)
- La suspension AdMob s'est basée sur 15 clics au total (des amis du développeur pris au piège du bug), avec arrêt des revenus d'annonces mais aucune explication détaillée ; l'appel est resté sans réponse après une semaine
- Google a demandé au développeur d'aider à déboguer le problème iOS, mais a simultanément suspendu son compte, bloquant toute possibilité de reproduire le bug
- Le revenu AdMob avant suspension : 3,77 dollars canadiens
Dans les commentaires
Débat nuancé, partagé entre scepticisme envers Google et consensus sur un problème structurel : les fermes de bots sont probablement un mal chronique de l'écosystème Google Ads, que Google tolère ou ignore plutôt que de l'éradiquer.
- Plusieurs commentateurs soulignent que Google n'a aucune incitation financière à éliminer les bots : ils gonflent les métriques d'impression et continuent de générer des revenus publicitaires pour Google, qu'il y ait un utilisateur réel ou non.
- Un commentaire signale l'ironie inverse : Google trappe les utilisateurs humains sous des vagues de CAPTCHAs (adresse Firefox + bloqueur de pubs), tout en tolérant les fermes de bots.
- L'argument que Google a « 25 ans d'expérience en détection de fraude aux clics » mais peu de sophistication en détection de fraude aux installations n'est contesté dans le fil ; personne ne propose une explication alternative convaincante.
- Peu de débat substantiel sur ce fil : les commentaires valident surtout la thèse de l'auteur (« Google ne veut pas supprimer les bots ») plutôt que de la remettre en question ; absence de voix de Googlers ou de spécialistes ad tech pour défendre ou nuancer.
Notre lecture
L'article expose un asymétrie réelle et probable : Google détecte et pénalise les clics frauduleux avec rigueur (assez pour suspendre un compte sur quelques clics accidentels), mais reste aveugle ou indifférent à la fraude aux installations quand elle n'implique pas de clic. Cela peut être incompétence (outils de détection d'installation moins mûrs), mais l'hypothèse d'une tolérance volontaire (les bots gonflent les chiffres) est difficile à écarter. Pour les annonceurs sur Google Ads : valider les installations via des tiers (SDK d'attribution, outils de détection de fraude spécialisés) reste un impératif. La réclamation auprès de Google sur des bases techniques précises (géolocalisation, versions d'app retirées) a peu de chances d'aboutir si Google n'a pas d'incitatif à améliorer sa détection d'installation.