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3 min de lecture
Sécurité

Directeur de MonsterCloud inculpé pour avoir arnaqué des victimes de ransomware

En bref

  • Le PDG de MonsterCloud, Zohar Pinhasi, a été inculpé pour avoir facturé à des victimes de ransomware des millions de dollars en prétendant décrypter leurs fichiers sans payer les criminels, alors qu'il payait simplement les rançons et ajoutait des frais importants.
  • Cet incident poursuit une enquête ProPublica de 2019 qui avait déjà exposé ce stratagème : les clients payaient jusqu'à 150 000 dollars quand Pinhasi lui-même n'avait déboursé que 8 200 dollars en ransom.
  • L'inculpation fédérale allègue plus de 19 millions de dollars facturés aux clients et plus de 8 millions en paiements de rançons effectués par Pinhasi lui-même.
  • Un ancien haut responsable du FBI, John Pistole, figurait dans la promotion de MonsterCloud sur le site de l'entreprise, bien qu'il ait déclaré en 2019 que le témoignage lui avait été dicté.

Ce que dit la source

Selon le ministère de la Justice américain et l'enquête ProPublica de 2019, Pinhasi opérait un schéma d'escroquerie systématique : il faisait croire aux victimes de ransomware qu'il pouvait récupérer leurs fichiers par des moyens techniques propriétaires sans payer les criminels, alors qu'il payait simplement les rançons en arrière-plan et facturait à ses clients des honoraires massifs en sus. L'inculpation fédérale décrit cela comme une « re-victimisation » de clients déjà compromis.

  • Entre 2019 et l'inculpation (octobre 2024), Pinhasi aurait facturé plus de 19 millions de dollars aux clients tout en payant plus de 8 millions en rançons directes.
  • Exemple précis : dans au moins un cas, Pinhasi a déboursé environ 8 200 dollars pour payer une rançon mais a facturé au client environ 150 000 dollars.
  • MonsterCloud était particulièrement prisée par les agences d'application de la loi locale et fédérale, qui refusent généralement de payer les criminels ; Pinhasi exploitait explicitement cette confiance.
  • John Pistole, ancien adjoint du directeur du FBI et ancien chef de la TSA, était présenté dans les vidéos promotionnelles de MonsterCloud comme membre unique du « Cyber Security Advisory Council » ; Pistole a dit en 2019 que son témoignage avait été rédigé par Pinhasi.
  • Pinhasi refusait de divulguer sa méthode de récupération, l'appelant un « trade secret » ; il a dit à ProPublica en 2019 : « Comment on le fait, c'est notre problème. »
  • Il encourt jusqu'à 20 ans de prison s'il est reconnu coupable. Pinhasi a plaidé non coupable.

Dans les commentaires

Débat limité mais pointé sur les questions d'intégrité systémique dans l'écosystème cybersécurité.

  • Un commentateur pointe un cas parallèle similaire (un négociateur de rançons soupçonné d'avoir géré un site d'extorsion) et suggère que ce modèle n'est probablement pas isolé à Pinhasi.
  • Plusieurs commentateurs expriment du scepticisme durable envers les petits partenaires de sécurité (MSSPs, boutiques de pentest, « channel partners »), estimant que MonsterCloud n'est que la pointe de l'iceberg dans une industrie où les conflits d'intérêts sont structurels.

Notre lecture

Au-delà de la culpabilité personnelle de Pinhasi, ce dossier expose un problème méthodique : dans un marché de la récupération ransomware où la transparence n'existe pas, les victimes ne peuvent pas distinguer un vrai décryptage technique d'un simple paiement de rançon réputé invisible. MonsterCloud a exploité cette opacité et la confiance des agences gouvernementales pendant des années avant poursuite fédérale. Pour une DSI ou un responsable de sécurité, la leçon est claire : tout partenaire de récupération ransomware doit expliquer précisément sa méthode ou être considéré avec suspicion. Les agences gouvernementales qui ont confié leurs cas à Pinhasi croyaient payer pour une technologie propriétaire ; elles ont financé des paiements de rançons déguisés. À surveiller : la Justice investiguera-t-elle les autres boutiques de récupération ransomware qui usent du même modèle opaque ?

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