Des hackers exposent les failles de sécurité des caméras Flock
En bref
- Des hackers ont démonté une caméra Flock et copié ses données, révélant que l'appareil détecte et enregistre les véhicules, plaques d'immatriculation, piétons et vélos sans chiffrement robuste.
- La caméra générait 1,6 million d'images en trois semaines sur des données partiellement accessibles, contredisant les affirmations de Flock sur la protection par chiffrement.
- Flock reconnaît depuis que ses caméras présentent des vulnérabilités de sécurité physique, mais maintient qu'un accès au dispositif ne compromettrait pas les données cloud.
- Le réseau national de Flock permet à plus de 2 000 agences d'accéder aux mêmes données, soulevant des préoccupations sur les abus (recherches pour l'ICE, avortement, etc.).
- La politique de divulgation de vulnérabilités de Flock exclut explicitement les rapports exigeant une interaction physique avec le dispositif ou un téléchargement de données.
Ce que dit la source
Flock Safety affirme que ses caméras ALPR (automatic license plate reader) fonctionnent avec un chiffrement embarqué et que seules les données transmises au serveur sont traitées. L'entreprise a reconnu en début 2025 (après divulgation responsable du chercheur Jon Gaines) que certaines vulnérabilités existent, mais les a minimisées en arguant qu'elles nécessitent un accès physique et que les images sont supprimées de l'appareil peu après transmission au cloud. Le modèle de Flock repose sur un réseau national où plus de 2 000 agences (police, aéroports, universités, administrations fédérales) peuvent interroger les données d'une seule caméra.
- Les hackers ont récupéré une clé de chiffrement stockée en clair sur le dispositif, débloquant l'accès aux vidéos et images d'une période de trois semaines
- La caméra a photographié 50 200 véhicules et généré 1,6 million d'images en 21 jours, avec environ 28 images par véhicule en moyenne (certaines véhicules produisant plus de 100 images)
- Le logiciel embarqué détecte explicitement les personnes, les vélos, les bumper stickers et d'autres éléments visuels, contredisant les déclarations de Flock selon lesquelles les caméras ne font que capturer des plaques
- Les images de piétons et objets sont transmises aux serveurs de Flock pour traitement, où intervient la reconnaissance faciale en intégration possible avec d'autres systèmes
- Le code source montre 27 000 erreurs 'no space left on device' tentant de sauvegarder des images haute résolution, révélant des contraintes matérielles brutes
- Les données réelles transmises incluent des logs détaillés, une clé API codée en dur pouvant requérir des identifiants stockés en clair, et accès à un système Android avec deux partitions non chiffrées ('vendor' et 'media')
- Plus de 2 000 agences nationales (dont l'Office of Inspector General de la General Services Administration) peuvent accéder aux images de la même caméra, sans restriction documentée sur les usages
- Flock a volontairement conçu sa politique de divulgation de vulnérabilités pour exclure les rapports concernant les accès physiques ou les téléchargements de données de l'appareil
Dans les commentaires
Débat partagé mais structuré : unanimité sur l'incompétence flagrante de Flock en matière de sécurité de base ; divergences sur le poids relatif du problème (Flock seul vs écosystème ALPR plus large) et sur les responsabilités de la police versus la technologie.
- Plusieurs commentateurs soulignent que Flock invoque une menace sans pertinence (accès au cloud supposé sécurisé) alors que la menace réelle est la facilité de l'accès physique : utiliser du matériel standard dans des espaces publics non gardés annule tout modèle de menace supposant la sécurité physique
- Un débat minoritaire mais pertinent émerge sur le bruit médiatique sélectif : pourquoi Flock reçoit scrutin intense alors que Motorola, Rekor, Leonardo et Axon opèrent des systèmes comparables ou pires sans même un débat public (un commentateur suggère que la couverture de Flock crée une aubaine d'acquisition bon marché plutôt qu'un vrai changement)
- La politique de vulnérabilités de Flock est dénoncée comme un théâtre de conformité : elle accueille les rapports tout en écartant explicitement les catégories qui les rendent pertinentes (accès physique, données embarquées, configuration d'infrastructure), transformant toute divulgation responsable en exercice futile
- Peu de débat substantiel sur les implications légales spécifiques (ex : conformité avec la règle des 3 minutes de la Nouvelle-Hampsha), un seul commentateur la soulève sans suite
Alternatives citées : Axon (police, surveillance embarquée), Motorola/Vigilant, Rekor, Leonardo/ELSAG, mentionnés dans les commentaires comme des concurrents du même marché ALPR sans le même scrutin médiatique
Notre lecture
Cet incident confirme ce qui était déjà observable : Flock a privilégié rapidité commerciale et commodité de développement sur la sécurité élémentaire, sachant que ses caméras seraient physiquement accessibles. Les affirmations de chiffrement embarqué n'avaient aucune substance. Techniquement, c'est incompétence classique (clés stockées en clair, matériel standard, architecture boot faible). Politiquement, cela soulève une question légitime : si une entreprise ne peut pas sécuriser correctement un appareil aussi simple, comment justifier les pouvoirs de surveillance massifiée qu'elle vend ? En revanche, frapper Flock ne suffit pas : son écosystème concurrent (Axon, Rekor, etc.) opère probablement avec des risques similaires. Pour une DSI ou une collectivité envisageant l'ALPR, le message n'est pas nouveau mais renforcé : le problème n'est pas une version corrigée de Flock, c'est la couche d'architecture (clés en clair, données embarquées accessibles, confiance au cloud seul). À surveiller pour comprendre si cet incident déclenche une vraie réforme du secteur ou juste un échange de fournisseur.