La Lettre IT
#4968869514 sept.
Débat partagé : admiration technique coexistant avec scepticisme méthodologique. L'avis dominant n'est ni enthousiaste ni dismissif, mais interrogateur sur ce qui est réellement démontré.

Claude Fable 5.1 déchiffre un cipher de 370 ans : clé brillante, débat sceptique sur la prouesse

  • Claude Fable 5.1 a déchiffré le Cyphral Distich de Thomas Urquhart, un chiffre datant de 1652 et resté unsolved pendant plus de trois siècles.
  • La solution reposait sur une clé interne au texte : utiliser les 32 Proquiritations du livre comme dictionnaire, indexer par les nombres du chiffre, et prendre la première lettre de chaque mot désigné.
  • Fable a également décodé l'Octastich, un chiffre plus long du même style, révélant des prières royalistes écrites par Urquhart.

Ce que dit la source

Vals.ai présentait à Claude Fable 5.1 un défi ouvert : résoudre le Cyphral Distich, deux lignes de 32 nombres chacune, cryptogramme inseré à la fin de la Logopandecteision d'Urquhart (1652). Ce cipher figurait au palmarès des 50 chiffres non résolus de Klaus Schmeh et n'avait jamais cédé aux tentatives antérieures (analyse de fréquences, substitutions, méthodes homophoniques). L'article affirme que Fable a non seulement trouvé la solution en 44 minutes, mais l'a aussi vérifiée et étendue à un second cipher plus complexe.

  • Le chiffre n'était pas basé sur un alphabet externe, mais sur le texte lui-même : la 32e Proquiritation, la i-e ligne du cipher, indexée par le nombre à la position i-e, donne la première lettre du mot au rang indiqué.
  • La solution produit deux vers de 32 lettres exactement, terminant par une rime, et forme une prière royaliste en anglais ancien : 'O GOD UPHOLD KING CHARLS THE SECOND...'
  • Urquhart avait explicitement souligné le nombre 32 dans son texte, et le poème promettait aux lecteurs d'y trouver 'les vœux de leur cœur et l'esprit de l'auteur'.
  • L'Octastich (chiffre plus grand de 285 nombres dans The Jewel, 1652) utilise la même méthode avec les pages du livre au lieu des paragraphes; 231 des 275 positions correspondent à la première occurrence exacte du mot cherché sur la page.
  • Neuf lettres de l'Octastich restent non résolues, bloquées par des ambiguïtés textuelles (coupures de mots, transcription EEBO-TCP incomplète, absence de fac-similés gratuits du Jewel de 1652).

Dans les commentaires

Débat partagé : admiration technique coexistant avec scepticisme méthodologique. L'avis dominant n'est ni enthousiaste ni dismissif, mais interrogateur sur ce qui est réellement démontré.

  • Plusieurs commentateurs soulignent que le résultat est moins une preuve d'intelligence que de capacité à explorer methodiquement un espace de solutions restreint. L'analogie avec 'filmer 100 fois un tir à trois points raté, puis poster le réussi' revient explicitement.
  • Le fait que Fable cherchait lui-même une cipher qu'il pouvait résoudre dans un ensemble limité (Top 50 de Klaus Schmeh) pose la question de la sélection des données : on ne voit pas les échecs.
  • Un commentateur doute de la provenance de la source même, demandant des preuves que le Cyphral Distich original existe effectivement imprimé (pas juste une hallucination collective).
  • L'observation que 'historiquement, peu de gens se sont penchés sur ce problème' suggère que ce n'était pas tant un cipher dur qu'un problème obscur nécessitant une attention soutenue et de l'érudition baroque.
  • Un angle constructif : si l'on accepte le résultat, cela montre surtout que les LLM excellent à lire exhaustivement des textes secondaires (historiens, catalogues de problèmes non résolus) et à relier des indices dispersés, une tâche où l'attention humaine fait défaut.

Notre lecture

Résultat authentiquement intéressant, mais qui démontre moins une percée en 'résolution de problèmes' qu'une redéfinition pratique du problème lui-même. Fable n'a pas craqué un code impénétrable : il a lu 370 ans d'historiographie cryptographique, repéré un indices textuels que les chercheurs précédents avaient visiblement sous-estimés, et appliqué la bonne méthode. C'est bel et bien utile (archivistes, historiens, passionnés de cryptographie baroque), mais relève davantage de la lecture exhaustive et de la synthèse que de l'intelligence cryptanalytique. Pour les DSI, aucune action, c'est anecdotique. Pour les équipes data/ML intéressées par les LLM sur des tâches d'érudition nécessitant de lier des sources disparates, l'approche (charger Fable sur un corpus structuré, lui donner un objectif ouvert puis laisser l'exploration se faire) est à retenir. La vraie limite observée dans le débat : on ne voit pas les 50 ciphers que Fable n'a pas résolus.

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